Ce site est d’abord destiné à mes élèves et à leurs parents. Ils trouveront ici la description du dispositif de la classe inversée, les capsules et questionnaires associés grâce à leurs identifiants de connexion. Si vous n’êtes pas l’un de mes élèves, vous avez néanmoins accès aux capsules et aux exercices glanés ça et là sur le net.

 

Venue d’outre-Atlantique, la classe inversée est destinée au départ à des collégiens. Le principe est simple : au lieu d’écouter le cours en classe et d’effectuer les exercices à la maison, l’élève écoute le cours chez lui grâce à une vidéo réalisée par son professeur, et effectue les exercices en classe, là où le professeur et ses camarades peuvent l’aider.

Concrètement, dans ma classe, les élèves disposent des vidéos de tous les cours de mathématiques et français. Ils les regardent à la maison et prennent des notes, souvent sous forme de carte mentale. Puis ils répondent à un questionnaire en ligne. Ce questionnaire est destiné à me renseigner sur les points suivants :

– qui a regardé la capsule

– quels sont les types d’erreurs commises (il est évident que les élèves en feront, puisque c’est une phase nécessaire de l’apprentissage) pour pouvoir préparer les ateliers en classe en fonction de ces erreurs.

– quels sont les élèves qui ont acquis de solides compétences les années précédentes et ceux qui ont besoin de les réactiver pour comprendre la suite.

Le lendemain, en classe, les élèves consultent le plan de travail sur le tableau au fond de la classe (un côté du tableau pour chaque matière).

Les groupes vont ensuite tourner toutes les 20 minutes dans les différents ateliers :

  • visionner la capsule : Les élèves qui n’ont pu regarder la capsule à la maison le font en classe. Ils prennent des notes sur ce qu’il faut retenir ou sur ce qu’ils n’ont pas compris.
  • interactions au TNI avec moi  : Dans cet atelier, les élèves mettent en commun leurs notes pour créer une carte mentale qui servira de leçon pour toute la classe. Ils utilisent ensuite ce qu’ils ont retenu pour résoudre une situation-problème (préparée en fonction des types d’erreurs commises). Ils discutent entre eux, argumentent, construisent peu à peu leurs savoirs et leurs savoir-faire. Je les entends réfléchir et je peux intervenir tout de suite pour rectifier un raisonnement erroné si les autres élèves du groupe ne le font pas.
  • exercices en binômes : Les élèves doivent coopérer, mettre en commun leurs connaissances et leurs raisonnements. Ils doivent là encore argumenter, confronter leurs démarches, et éventuellement modifier leurs représentations si les arguments de leur binôme sont suffisamment convaincants.
  • exercices interactifs sur ordinateur : Les sites choisis permettent aux élèves d’accéder à des animations leur apportant des explications sur les erreurs commises. Ils savent donc immédiatement s’ils ont réussi ou non et pourquoi ils se sont trompés. Ils peuvent se corriger à loisir et mieux comprendre l’utilité de l’erreur.
  • exercices individuels sur le cahier du jour : Après avoir expérimenté, essayé, recommencé, ils sont prêts à laisser une trace plus durable de leur apprentissage. Les exercices sont une sorte de première évaluation formative. La correction permettra de lister les erreurs ou les représentations erronées qui subsistent pour prévoir la remédiation la plus efficace le lendemain.
  • création : Dans cet atelier, les élèves partagent avec d’autres classes via Twitter les compétences acquises. Ils réalisent des capsules, des tutoriels, des affiches ou écrivent des tweets (souvent des exercices qu’ils inventent à destination des autres classes et qu’ils sont chargés de corriger ensuite à réception des réponses).

 

Après presque deux ans d’expérimentation dans ma classe et de nombreux réajustements, je considère que ce fonctionnement me permet de différencier davantage le parcours d’apprentissage en fonction de mes élèves. La capsule reste la même, mais ce n’est que la partie la plus anecdotique du dispositif, même si c’est celle qui demande le plus de travail.

Les élèves les plus rapides bénéficient autant que les autres de mon temps et peuvent aller plus loin dans les notions étudiées. Les élèves les plus fragiles sont rassurés car ils arrivent en classe avec un premier bagage et savent de quoi on va parler. Ils disposent d’une méthodologie décrite pas à pas. Ils osent davantage essayer et sont moins découragés.